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Les autres ont tort
André Chapleau
2010-01-25 Je ne veux pas dire que j’ai toujours raison. C’est tout simplement que… les autres ont toujours tort. Vous ne me croyez pas ? Oui, oui ! C’est vrai. Je vous l’assure ! Vous n’êtes pas d’accord ? Je m’en fous. Comme vous avez nécessairement tort, je n’ai pas à me justifier. C’est toute la beauté de la chose. Comprenez-moi bien. Je ne suis pas du genre à péter plus haut que nécessaire. Alors si vous croyez que je cherche à me remonter en vous rabaissant, vous n’y êtes pas du tout. Non. Ce n’est pas ça. Simplement : même si je considère que j’ai très souvent tort, je trouve aussi que vous avez encore plus tort que moi. Oui. Je vous le dis. Mais si. Je ne vous donnerai pas d’exemple, parce qu’il n’y a rien de pire qu’un exemple pour donner raison ou tort à qui que ce soit. Je n’ai qu’à choisir un exemple à mon avantage, c’est tout. C’est pourquoi je n’ajouterai pas l’insulte à l’injure : vous avez tort sur une base théorique. Je vous laisse le soin de vous pratiquer vous-mêmes à la chose. De toute façon, les exemples sont surévalués. Une image vaut mille mots, vous croyez ? Nenni ! L’image évacue au contraire le sens des propos. En fait, une image vomit le mot ! Bon. Je serai bref, parce que je sens déjà voler les pierres dans ma direction. Hop ! J’évite à gauche. Hop ! J’évite à droite. Aie ! Je prends en plein front. Si les autres ont toujours tort, c’est parce qu’ils ne doutent pas d’avoir raison. Voilà la pire erreur à faire : demeurer confiant à tout prix et croire que la raison se trouve naturellement de son côté. Pour avoir raison, il faut d’abord être tout à fait préparé… à avoir tort. Autrement dit, vous avez raison d’avoir tort et vous avez tort d’avoir raison. Seul celui qui est préparé à avoir tort – ainsi nimbé de l’aura du tort – pourra se voir éclaboussé de la plus vive raison. Et puis n’oubliez pas : si vous avez toujours tort, je n’ai pas toujours raison… Alors oubliez tout ça si vous voulez. Moi je m’en balance : j’ai tant l’habitude d’avoir tort que je ne compte plus les fois où j’ai raison. Commenter ce blogue Retour |