Boîte à outils
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Inspiration

Seymour Segal Seymour Segal
Le courage de créer librement

Jeune enfant, j’ai gribouillé sur le plancher pour m’amuser. En découvrant le mur, gribouillage et barbouillage sont devenus une source de plaisir. La réaction de mes parents a été un mélange d’étonnement et de colère. Ce fut ma première expérimentation de ma capacité à provoquer en même temps que de m’amuser. Par la suite, on m’a enseigné à écrire clairement et proprement, plus pour plaire que pour communiquer. J’étais donc poussé à chercher désespérément la reconnaissance : je devais être considéré comme un être exceptionnel.

Le gribouillage est devenu le dessin, le barbouillage est devenu la peinture et l’écriture un moyen d’expression. Le désir de plaire, celui de devenir une vedette pour être admiré des autres, était toujours aussi présent : « Il faut gagner, devenir le meilleur, le champion. »

La nouveauté a remplacé la vérité
L’artistique a déplacé l’authentique
L’esthétique a supprimé l’expression
Il fallait trouver un style pour accommoder le marché de l’art

Créer pour gagner sa vie n’est pas plaisant. Créer pour plaire, pour rencontrer les critères des autres, est même très désagréable. Alors, créer n’est plus jouer, ni improviser, ni explorer, ni découvrir, ni se surprendre…

En plus d’être un moyen qui permet d’exprimer des énoncés personnels qui dérangent et provoquent, le graffiti est une métaphore qui invite l’amateur d’art à se confronter et à mieux se connaître. L’art peut être un divertissement ou alors une source d’introspection. L’artiste peut être un décorateur ou encore un leader dans sa communauté. Le graffiti nous rappelle que la fonction première de l’art n’est pas de plaire à tout prix, mais au contraire d’expérimenter le plaisir de créer et de se découvrir par la création. Cela ne prend que quelques couleurs… et beaucoup de courage.


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