Boîte à outils
10 105

Avec préméditation

Georges Lecours Georges Lecours
La lumière

« Le thème pour le prochain numéro, c’est la Lumière. », me dit notre rédacteur en chef.

Je crûs qu’il voulait parler de l’épouse d’Auguste, celui qui a mis au point avec son frère Louis le Cinématographe, et je lui fis remarquer qu’il avait des façons un peu cavalières envers une femme qu’il ne connaissait pas du tout et qu’il n’avait aucune chance de rencontrer; ce qui était une bonne chose car elle aurait pu s’offusquer de ses manières et lui mettre les points sur les « i » et les poings dans la face.

Il m’expliqua alors patiemment le fond de sa pensée en mettant l’accent sur la clarté et le rayonnement du soleil. Et la lumière se fit dans mon esprit. Je fis grise mine car le sujet ne m’allumait pas beaucoup.

Tout à coup un éclair traversa mon cerveau. Mais, me dis-je, c’est bien beau la lumière, et le noir dans tout ça, que devient-il ? Mais où va donc tout ce pauvre noir contenu dans une pièce lorsque vous actionnez l’interrupteur et que la lumière jaillit ? Cette noirceur qui couvrait tout uniformément disparaît soudainement pour laisser place à tout plein de couleurs et de formes.

Nous savons tous que le noir se cache dans les ombres, le drapé des rideaux et des nappes, le dessous des coussins et des meubles, les dessous. Essayez de le débusquer et aussitôt il trouve un autre endroit pour se soustraire à votre vue. Mais envoyez trop de lumière et le noir, pris de panique, ne sachant plus où se mettre, se terre dans le dernier refuge à sa portée : dans le crâne des esprits obtus et fermés, là où jamais aucune lumière ne pénétrera…

Que ceux qui veulent des noms consultent la Une de leur quotidien préféré !


Retour
Artiste du mois
Reportage du mois
Lettre d'opinion du mois
Panier d'achat
Calendrier de parution
Calendrier de parution
Produit vedette ce mois-ci