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Info-Artistique
Caroline LeclercLe mal du pays Quitter sa zone de confort et laisser tous ceux que l’on aime derrière soi pour partir vers des lieux inconnus ne se fait pas sans douleur. Même si l’aventure nous attire, même si nous sommes convaincus que l’expérience sera enrichissante, la coupure entre sa vie d’avant et celle qu’on s’apprête à vivre fait mal. Se retrouver seul au milieu d’une ville inconnue à la recherche de soi-même et de ses rêves peut être à la fois déroutant et excitant. L’inconnu attire mais il fait peur aussi. Certains choisiront de plonger tête première dans ce monde inexploré, d’autres chercheront plutôt des points d’appui, des repères, des références. Lidia Leon a choisi la seconde option lorsqu’elle a immigré au Canada. Née en Colombie, cette jeune aquarelliste a quitté en 2007 l’Italie où elle a étudié les beaux arts pour venir s’installer à Vancouver où elle réside depuis maintenant un peu plus d’un an. Pour amoindrir le choc culturel qu’on subit généralement lorsqu’on immigre dans un nouveau pays, Lidia s’est servi de sa passion pour l’art pour rencontrer des gens, s’intégrer à sa nouvelle ville et surtout apprendre à y vivre heureuse. « Ici au Canada, c’est tellement plus facile. Le territoire est vaste et la majorité des artistes s’entraident » m’a confié Lidia lors d’une exposition de groupe à Burnaby, en banlieue de Vancouver. « Ce n’est pas comme en Italie où il y a un artiste à tous les coins de rue qui défend son territoire ! ». Chaque personne qu’elle rencontre ici lui ouvre une porte. Elle ne refuse aucun conseil et prend toutes les informations qu’on lui donne pour faire de sa passion son mode de vie. Elle profite de chaque occasion pour faire connaître son œuvre. De cette manière, le mal du pays prend moins d’importance et son intégration au Canada se fait plus facilement. Lidia est un exemple de courage et de ténacité pour moi, qui habite Vancouver depuis quelques mois et qui ressens actuellement et plus que jamais le mal du pays. C’est d’ailleurs ma première amie ici et c’est aussi une passion commune qui nous a réunies : la randonnée pédestre. Lorsque je marche en forêt et que j’admire les merveilleux paysages de la Colombie-Britannique, tout me paraît moins difficile. Ma solitude, la frustration de ne pouvoir communiquer parfaitement en anglais et l’ennui que je ressens en pensant à ma famille et à mes amis se dissipent. L’instant d’une excursion, tout semble parfait. Peut-on appeler ça le bonheur ? Je crois que oui. Malgré les périodes difficiles, malgré le doute et les remises en question, mon expérience ici est des plus enrichissantes. Et pour le mal du pays, je connais désormais le remède : la passion. Retour |