Boîte à outils
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Lavis d'artiste

Lorraine P Dietrich Lorraine P Dietrich
Papillon

L’artiste déteste la routine, il s’y sent confiné et s’ennuie. Tel un papillon qui se pose de fleur en fleur, l’artiste aime explorer les différentes facettes de l’art si vaste avec ses possibilités attirantes et nombreuses. Aborder une nouvelle technique, de nouveaux formats lui fournissent des prétextes pour stimuler sa créativité. Enrichir son répertoire de nouveaux sujets est aussi bénéfique. Aujourd’hui, j’aimerais vous suggérer de travailler votre dessin dans un atelier de modèle vivant. En effet, le travail d’observation augmente l’acuité, la souplesse dans le tracé, le sens des proportions, une meilleure perception des volumes, des ombres et des lumières. Plusieurs ateliers existent à travers le Québec et offrent différentes formules pouvant s’adapter à vos besoins. Quand on revient au dessin, cette magnifique grammaire du tracé et de l’expression, les progrès rapides peuvent même se transmettre dans toute la production artistique, puisque le langage plastique est amélioré, approfondi.

Je vous offre ce texte écrit il y a plusieurs années alors que je revenais d’un atelier où le groupe auquel j’appartenais avait travaillé en présence d’un modèle vivant. Peut-être que ce témoignage saura vous intéresser suffisamment pour vous décider. Ainsi, cet éloge du dessin ajoutera une douce brise à vos ailes de papillon…

Parce que tu me redonnes ma joie intérieure

Dessiner est pour moi une expérience humaine unique. J’aime la texture et l’odeur des beaux papiers. J’aime explorer les possibilités innombrables qu’offrent des matériaux simples et humbles comme les divers crayons et craies, les encres, le fusain.

J’aime regarder le modèle quand il s’installe près des « spots ». La lumière et les ombres caressent alors son corps dont les formes à traduire me posent un constant défi. Regarder, observer, tenter de redéfinir cette beauté sur la mémoire du papier me transporte dans un état d’attention extrême de tous les sens. Je cherche et tente alors de trouver les traits et les tons qui véhiculeront mes perceptions, mais cette démarche est fréquemment instinctive. Souvent, une esquisse pauvre ou médiocre éprouve ma patience mais provoque chez moi le désir de recommencer pour faire mieux.

Mais lorsque le résultat est bon, lorsque ma main devient l’outil qui prolonge mes yeux, mon cerveau et ma sensibilité, lorsque j’arrive à communiquer sur le papier un peu de la grande beauté du corps humain, je ressens une intense joie intérieure qui rend ma vie très belle.


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