Boîte à outils
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Avec préméditation

Georges Lecours Georges Lecours
Graffiti

L’art du graffiti en est un qui se perd. Contrairement aux autres arts qui ont plutôt tendance à se bonifier avec le temps, le graffiti a, au cours des siècles, perdu énormément de son lustre.

Au sixième siècle avant Jésus-Christ, dans la Grèce antique, un philosophe du nom de Chilon de Sparte, celui qui mourrut de joie en apprenant que son fils venait de gagner une médaille aux jeux olympiques, grava sur les murs du temple de Delphes cette maxime : « Connais-toi toi-même ». Une centaine d’années plus tard, un dénommé Socrate lut cette phrase et s’en appropria le sens. (tiré du livre de Jacques Sénécal Le bonheur philosophe).

Sur les murs de Pompéi, la ville conservée pendant deux milles ans dans la poussière volcanique, on retrouva quantité de graffitis dont celui-ci (traduction libre) : « Mûr, comment tiens-tu encore, lourd de toutes les sottises gravées sur ta pierre ».

Aujourd’hui, nos graffiteurs sont en général beaucoup moins philosophes. Les courtes phrases que l’on retrouve dans les toilettes des hommes ont une portée pas mal moins universelle.  (Pour les toilettes des femmes, je ne sais pas). Et les immenses « tags » que l’on retrouve aux endroits les plus improbables restent complètement incompréhensibles pour le commun des mortels. Quelles leçons tireront nos arrière-petits-enfants des « J’avale 222-4758 », des « Anarchie » ou des « Lez » inscrits sur les wagons de métro ou sur la tuile d’une vespasienne ?

On a beau dire, mais dans le temps, on savait y faire.


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