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Monk-e business

Monk-e business

C’est sous le nom de Monk-e que David se fait connaître depuis plus de six ans. En le rencontrant, j'ai découvert un artiste pour qui la pratique de l’art passe d’abord par une quête de l'équilibre. En le regardant, on sait tout de suite qu’on a affaires à quelqu’un qui sait où il s’en va. Monk-e a choisi de tout risquer… et de faire du risque un mode de vie.

Son approche du graffiti se révèle d’emblée dans toute sa complexité : bien plus qu’une simple signature, son graffiti rend compte de son désir de créer un univers personnel qui rejoint sa propre quête d’identité. Pour lui, savoir se contenter de peu pour vivre est une force indéniable qui lui donne la liberté de créer. Cette liberté d'exprimer ses émotions, par l'écriture, par la musique et, bien sûr, par le graffiti, prend toute sa valeur dans le discours de Monk-e, pour qui la recherche de la vérité compte bien plus que l’ambition personnelle.

Comme beaucoup de graffiteurs, Monk-e se produit dans l’illégalité. Mais dans toute sa candeur, il ne se cache pas pour pratiquer son art : se glissant sous les ponts en plein jour, il expérimente très tôt son goût pour la liberté sous toutes ses facettes. Originaire de Drummondville, il se fait un peu trop remarqué en sein de sa petite communauté. Après avoir été arrêté à quelques reprises par la police, il ressent rapidement le besoin d’élargir ses horizons. À l'âge de 16 ans, il quitte le nid familial pour aller vivre à Longueuil. Il a vite fait de s’intégrer au milieu graffiteur de Montréal et poursuit son apprentissage du « métier » : il est même le plus jeune des sept graffiteurs sélectionnés par l’organisme Café Graffiti, qui édite également la publication le Journal de la rue, afin de représenter le Québec au Brésil, en 2002. De retour au Québec, il quitte un emploi alimentaire pour tenter de vivre du graffiti.

Ayant élargi sa pratique artistique à la poésie et à la musique, il est choisi, en 2004, par le Cirque du Soleil pour une tournée en Australie afin de peindre les décors du spectacle et d’écrire une chanson dans le cadre d’un événement en collaboration avec OXFAM. Ayant fondé le groupe Amérythme, dont les membres proviennent des trois Amériques, il part trois semaines pour Cuba en 2006 afin de donner de la formation dans la création de murales, d’exposer, de faire du body painting et de monter des spectacles de musique. Il repart tout de suite pour une tournée en France qui durera six semaines et le mènera dans quatre villes différentes pour y faire de la peinture et de la musique.

Dès lors, Monk-e se donne comme objectif de faire au moins trois voyages par année. Entre l’enregistrement de ses albums, il retourne en France et à Cuba pour faire connaître son art. Il prépare un nouveau disque en 2008, comprenant également des reproductions de ses œuvres picturales. Pour distribuer son album, il privilégie le bouche-à-oreille. Vous pouvez vous procurez une copie en en faisant la demande par courriel : monk-e1@hotmail.com. S’il tourne principalement autour d’un style Rap, l’univers de Monk-e propose néanmoins un éclectisme qui rend compte de son ouverture sur tous les genres : poésie, ambiances jazz et latines, contenu philosophique, voilà ce que nous offre Monk-e. Selon ses propres mots, il s’agit « plus de la musique pour grandir que pour se divertir ». Vous pouvez entendre des extraits de sa musique sur sa page Internet : www.monk-e.ca.

Adepte de la simplicité volontaire, il choisit d’être plus riche en se contentant de peu, ce qui lui laisse également beaucoup de temps libre. Il n’a rien à perdre : il a tout risqué pour vivre sa passion comme il l’entend. « Je suis patient : je n’ai jamais eu à forcer pour trouver un contrat… Tout finit par se produire. »

Bien entouré, Monk-e a rapidement vu son ambition se transformer avec le goût du partage, davantage motivé par le bien d’une collectivité que pour sa gloire personnelle. En quête de connexion constante avec le divin, il sait que ce qui doit être sera !

Ayant créé avec d’autres artistes le collectif Eyes wide open, il poursuit aujourd’hui une carrière sous le signe du partage de ses idéaux : il donne des conférences, offre son aide à sa communauté en informant les jeunes sur les valeurs importantes de l’existence, créé des murales pour des chambres d'enfants, pour des bars, des salles de billard, discothèques, etc. Au total, il produit plus de 100 œuvres par année. Cet automne, vous pourrez découvrir Monk-e à l'émission La culture pour les nuls, animée par Vincent Graton, sur la chaîne ARTV.

Un reportage d'Eric J. Hughes



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