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Francine Levesque DPA, MA, ATPQ.
Comme artiste je suis une chercheur, les matériaux m’intriguent et m’inspirent. Depuis longtemps cette habitude d’explorer a mené ma quête dans bien des directions; le résultat une production éclectique d’objets, d’images, de fragments qui à priori étaient difficiles à concilier car captifs de leur héritage politique. Aujourd’hui mon amour pour la matière et le fait main nourri un désir de créer des ponts, pour relier des rives qui ne se parlaient pas, des contrées divisées par des frontières qui me paraissent bien arbitraires. Ce qui n’avait pas de lien est ainsi reconfiguré, redessiné laissant émerger de nouveaux paysages grâce à leur mise en communication. Je n’ai pas de médium favori, préférant choisir selon les besoins de mes inspirations. Je travaille donc avec et sur papier, bois, plastique, aluminium, liège, textiles, objets trouvés, matériaux revus et recyclés, fils, laine, peinture, pastels, encres. Je repense et reformule leurs usages, traversant leurs frontières prescrites, me déplaçant ainsi à travers les diverses contrées des beaux-arts, des arts appliqués, des arts textiles et des arts dits de recyclage. Je suis une citoyenne de la périphérie qui collectionne l’information en marge et ainsi crée des rapprochements avec l’autre. Je décompose les frontières arbitraires (disciplines, usages et façons de faire, etc.). Je déconstruis les identités et leur héritage pour en façonner d’autres. Ce qui anime ma quête : le potentiel inhérent à la matière décuplé lorsque ré-imaginée. Je travaille 1) de façon expérimentale; ce qui émerge guide ma route. 2) Par observation, je traduis les formes en réinterprétant les couleurs et proportions; 3) par ‘remixage’ en incorporant des images, textures, et formes réappropriés; et 4) conceptuellement à partir d’une thématique qui guide les choix. Je suis profondément intéressée par les relations entre les différentes parties et comment ils créent de nouveaux systèmes, agencements et espaces. Je vois des parallèles dans la multiplicité des identités humaines et la variété des relations que nous établissons tant aux autres, qu’aux objets et aux espaces avec lesquels nous venons en contact virtuel ou actuel. La distance et la proximité sont des danses qui façonnent une géographie relationnelle des lieux très personnelle. Comme je suis aussi une art-thérapeute qui travaille en pédopsychiatrie, mon travail consiste très souvent à utiliser la matière pour établir un dialogue. Je travaille à aider des enfants et des adolescents à mettre les fragments de leur vie en lien en établissant des ponts de compréhension, pour raconter leur histoire en gestes et images et ce faisait établir une relation avec l’autre. Ce sont ces nouveaux territoires que nous naviguons ensemble, des territoires aux monstres à longues dents, parfois aux masses informes qui sont comme des tempêtes qui nivellent tout sur leur passage. Comme art-thérapeute je suis une exploratrice des contrées que façonnent mes jeunes clients et leur famille; Je dois souvent créer des ponts pour faire les liens entre les diverses rives perdues dans la nébulosité de leur vie ou éloignées à cause de constants conflits. Bien évidemment je vois des parallèles dans mon propre travail artistique.
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